Zoom sur le stress chronique, des alertes à la résilience. Méthodes pour gérer la pression et réagir face à la bête noire du monde du travail.

Identifier les signes du stress professionnel chronique pour mieux le gérer

Réaction physiologique normale, le rôle du stress est de nous mettre en action face à certaines situations. Cependant, tout est question de dosage : lorsqu’il devient un mode de fonctionnement à part entière, c’est tout l’organisme qui souffre. Perte de sommeil, angoisse, douleurs physiques sont des signes flagrants de détresse, mais il y a tant d’autres alertes, silencieuses ou non, à entendre ! Savoir les reconnaître avant la crise majeure permet d’agir au plus vite grâce à des actions faciles à mettre en place. Je vous explique aujourd’hui comment repérer au plus tôt les symptômes du principal ennemi de la santé mentale des Français et surtout, comment faire baisser la pression !

De l’utilité à la toxicité

Henri Salvador pourrait-il encore chanter de nos jours que “le travail c’est la santé” alors que plus d’un salarié sur 2 se déclare en situation de stress au travail ? Si les enjeux sont considérables pour les entreprises, de plus en plus nombreuses à s’engager pour la qualité de vie de leurs collaborateurs, le bien-être est surtout une priorité à titre personnel, sur le plan strictement humain. Il est en effet impossible de supporter sur du long terme un déséquilibre physique, émotionnel ou comportemental sans impact sur la santé et par ricochet, sur l’ensemble de la vie. 

Côté professionnel, quel que soit le secteur d’activité, de nombreuses situations peuvent entraîner un mal-être plus ou moins important : 

  • prise de parole en public, entretien annuel, 
  • surcharge de travail, objectifs trop élevés, 
  • perte de sens, manque de reconnaissance,
  • relations conflictuelles, harcèlement…

Chacune de ces circonstances déclenche un ensemble de réactions corporelles

S’il s’agit d’un épisode ponctuel ou isolé, il est sans conséquence. Si le contexte anxiogène est répété ou s’inscrit dans la durée, il devient source de troubles et dans certains cas, de pathologies graves et irréversibles, comme les maladies cardio-vasculaires

Inscrit dans nos gènes, le stress est utile, il n’est tout simplement pas prévu qu’il infuse en permanence.

Un mécanisme bien rôdé

Nous avons hérité de nos lointains ancêtres d’un organisme programmé pour la survie. Ce que nous appelons “stress” fait partie de ces instincts physiologiques

Face à une situation perçue comme inhabituelle ou potentiellement dangereuse, le cerveau déclenche, notamment via le cortisol, l’hormone du stress, un mode défense/fuite : la respiration s’accélère, le cœur bat plus vite, la tension artérielle augmente et les muscles reçoivent un pic d’énergie pour se mobiliser. La fin de l’alerte sonne le retour à un état normal. 

On distingue 3 types de stress : 

  • l’eustress, une forme temporaire positive qui a pour but de nous booster,
  • le stress aigu, le premier à justifier un soutien,
  • le stress chronique, toxique physiquement et psychiquement. 

Au travail, le stress aigu peut être une altercation avec un collègue ou une hausse temporaire d’activité. Il devient chronique si la charge émotionnelle ne redescend pas, comme lors d’un harcèlement ou si la pression est quotidienne. 

Ces deux dernières formes soumettent la personne à un niveau de cortisol trop élevé, avec à la clef une véritable détresse et un affaiblissement généralisé

Cette souffrance s’exprime à travers divers symptômes qu’il est important de reconnaître pour bénéficier d’une prise en charge précoce.

Les cris du corps

L’intensité du stress varie selon la sensibilité propre à chacun. Indépendamment du motif, un niveau excessif se traduit par des signaux émotionnels, intellectuels, corporels ou comportementaux

Généralement, la prise de conscience commence avec le constat d’une grosse fatigue ou d’un spleen qui ne se limite plus au dimanche soir, mais d’autres maux sont symptomatiques : 

  • sensibilité, pleurs, tristesse, déprime voire dépression,
  • perte d’envie, démotivation,
  • irritabilité, nervosité, impulsivité, excitation, 
  • hypervigilance, ruminations,
  • crises d’angoisses, peurs inexpliquées
  • défaut de concentration, oublis, erreurs à répétition, 
  • difficultés à prendre des décisions, des initiatives, 
  • troubles du sommeil (insomnie, réveils nocturnes…), 
  • troubles de l’appétit ou maux digestifs
  • tensions musculaires, douleurs, maux de tête
  • repli sur soi, isolement, addiction…

Par ailleurs, une dimension est trop souvent ignorée : les murmures intérieurs, ce sentiment diffus que quelque chose ne va pas, comme une petite voix. Votre mental vous interpelle de mille et une manières avant de vous stopper via une manifestation somatique, il est fondamental de prêter attention à ce qu’il vous dit. Est-il nécessaire d’ajouter qu’en l’absence de solution, le malaise va crescendo ? Il est inutile d’attendre l’épuisement ou pire, un burn-out. Faire l’autruche est le premier réflexe, mais il est délétère. Tôt ou tard il faudra prendre le temps nécessaire pour apaiser la situation et trouver les moyens d’évacuer le trop-plein, autant le faire avant que votre précieuse santé n’en pâtisse !

Aller mieux : gestion du stress et lâcher-prise au menu

Vous avez les mains moites, de légers tremblements ou la gorge nouée avant de partir au travail ? Vous ne vous rappelez plus vos derniers moments de détente et vous comptez les jours avant les prochaines vacances ? Il est temps de réagir. 

Le premier pas est d’entreprendre un cheminement pour apprendre à gérer ses émotions… et par effet rebond, son stress. Cet apprentissage sert à identifier, comprendre, accueillir et réguler vos réactions face à des émotions fortes comme la colère, la peur ou la tristesse, mais aussi face aux pressions de l’environnement

Cette pause introspective est une reconnexion à soi, mais elle met en lumière le schéma de fonctionnement interne. Elle permet de regarder plus posément les choses, de relativiser et de mettre la distance nécessaire à la préservation de votre équilibre. C’est souvent l’opportunité d’apprendre à s’accepter et à se faire respecter en posant des limites claires

La routine bien-être idéale pour un relâchement complet encourage la pratique d’activités sportives ou manuelles et préconise également de s’accorder du temps pour faire ce que l’on aime, car le plaisir est un besoin, au même titre que dormir. C’est une soupape vitale pour l’esprit qui peut s’évader loin des tracas. 

Pour souffler totalement, optez pour l’oxygène !

Tout comme la relaxation, la respiration est un pilier du calme intérieur. 

Les thérapies douces, comme la sophrologie ou la méditation favorisent ce relâchement. 

La sophrologie mixe des techniques simples de respiration, de relaxation dynamique et de visualisation positive pour détendre le corps… et l’esprit ! Confiance en soi, gestion du stress, des douleurs, alliée du sommeil, l’essayer, c’est l’adopter, car chaque séance peut être reproduite en toute autonomie à la maison, comme au travail. 

La méditation en pleine conscience est, elle, une invitation à déposer sa charge mentale. Elle recentre l’attention sur le moment présent et l’écoute des ressentis. Les pensées envahissantes s’estompent, laissant la place à une douce sensation et à la résilience… 

Synonyme de décontraction et de performance, le massage Amma assis fait son entrée en force dans les entreprises soucieuses de leurs salariés. Les bienfaits du massage ne sont plus à prouver, la particularité de celui-ci est qu’il soulage les tensions musculaires, offrant ainsi une profonde détente tout en stimulant l’énergie et les capacités intellectuelles. 

Prévenir ou guérir : mettre le stress chronique KO ne demande pas de moyens difficiles à mettre en œuvre. Chacun de nous peut à tout moment se sentir surmené et cela est normal, il faut néanmoins veiller à ne pas se laisser submerger. Si vous vous sentez débordé ou déjà épuisé (faites le test d’évaluation du stress), il convient de faire le point avec un professionnel afin de déterminer le meilleur accompagnement. Parler, mieux se connaître et poser des limites vous redonne le rôle principal de votre vie, alors soyez doux avec vous-même, ​​agissez !