Cerveau en surchauffe : comprendre et soulager la fatigue mentale

Avez-vous déjà eu l’impression que votre cerveau ne s’arrête jamais ? Votre esprit tourbillonne, les pensées se succèdent, le soir, vous passez votre journée en revue et vous anticipez celle du lendemain en dressant mentalement la liste de tout ce qu’il y a (encore et toujours !) à faire ? Cette activité cérébrale permanente mène tout droit à ce que l’on appelle l’épuisement cognitif, un trouble fréquent dans notre société où il faut faire une multitude de choses vite et bien ! La surchauffe mentale nécessite une prise en charge car ses effets sont dévastateurs pour l’organisme. Quand la sérénité, le sommeil, les émotions, la famille et la vie sociale sont en balance, l’objectif est de revenir à l’équilibre. Bonne nouvelle : c’est possible et je vous explique comment !

Quand le cerveau sature

Nous traitons tous chaque jour une grande quantité d’informations à travers ce que nous vivons, voyons, écoutons… La cognition est cette fonction qui regroupe nos capacités à penser, à raisonner, à mémoriser, à parler, à bouger, à percevoir, à prêter attention à ce qui se passe autour de nous et à agir en conséquence. 

Les fonctions cognitives sont les différentes facettes qui nous permettent de vivre notre quotidien. 

L’épuisement cognitif est une fatigue mentale liée à une pression continue (travail intellectuel, quantité d’informations ou de tâches à faire), à une sur-sollicitation du cerveau sans temps de déconnexion ni de repos suffisants pour assurer une récupération. 

D’un point de vue scientifique, lorsqu’une période d’activité intense s’inscrit dans la durée, le cortex préfrontal subit une accumulation de substances toxiques et le cerveau atteint une forme de saturation

La sensation de fatigue s’installe : se concentrer devient difficile et le flot de pensées envahissantes s’accentue. 

Cet épuisement inhibe les capacités de réflexion autant qu’il brouille les facultés rationnelles de discernement et de décision. La sensibilité aux stimuli est exacerbée, la personne n’a plus ses comportements habituels. Il se distingue de la fatigue physique car il ne disparaît pas après une nuit de sommeil, et, bien qu’il y soit souvent associé, il est également différent d’un stress ponctuel ou d’un burn-out qui est un processus plus profond.

Pourquoi le cerveau est-il si sollicité de nos jours ?

Notre mode de vie nous demande de jongler en permanence avec divers pôles : travail, vie familiale, parentalité, activités diverses. 

Nous sommes aussi soumis à une quantité énorme d’informations : notifications, e-mails, actualités, réseaux sociaux, conversations. L’attention est constamment mobilisée et le cerveau doit sans cesse réaliser des tâches : il consomme énormément d’énergie. 

S’ajoute à cela un culte de la performance, de l’efficacité, de la disponibilité et de la réactivité. Ce qui laisse peu de place à la détente. 

Comme le cerveau anticipe, analyse et gère par ailleurs nos fonctions vitales et de survie, petit à petit, il s’épuise.  

Les symptômes d’un mental épuisé

Cet état de détresse psychique affecte le bien-être personnel et la qualité de vie. Savoir en reconnaître les signes, qu’ils soient cognitifs, corporels ou émotionnels permet d’agir. 

Les personnes évoquent un sentiment de brouillard mental, un niveau de concentration et de vigilance en baisse. Les tâches simples deviennent ardues et la prise de décision est hésitante. 

Elles décrivent également des pensées en boucles, envahissantes. Ces ruminations mentales entretiennent le sentiment d’être submergé et rendent le retour au calme impossible. 

Elles rencontrent des troubles du sommeil : difficultés d’endormissement, réveils nocturnes, insomnies

Par ailleurs, l’envie de dormir en cours de journée est prégnante. 

Le corps s’exprime aussi par des tensions musculaires : épaules, dos, nuque ou encore par des maux de tête. 

Au niveau émotionnel, l’hypersensibilité se conjugue parfois avec de la tristesse, ou avec de la colère et une irritabilité. La personne perd rapidement patience, râle et réagit fortement aux situations qu’elle vit. 

D’autres signes peuvent être évocateurs : 

  • manque d’énergie, impression d’être au ralenti,
  • faiblesse musculaire,
  • stress, nervosité, anxiété
  • découragement, 
  • perte d’appétit ou gain de poids, 
  • maux d’estomac, troubles digestifs
  • vertiges,
  • addictions… 

Un cumul de ces troubles doit vous amener à consulter un professionnel de santé. 

Comment calmer la machine ?

Le but n’est pas d’arrêter le flux des pensées, mais de retrouver un rythme normal, un mode de fonctionnement équilibré

La première étape est d’identifier la ou les causes de cette fatigue. Cette introspection permet de mettre en évidence toutes les sources quotidiennes de tension, de stress et de mal-être : 

  • obligations familiales, 
  • charge de travail trop importante, manque de reconnaissance,
  • problèmes financiers, 
  • difficultés conjugales, 
  • conflits familiaux…

Il convient ensuite de ralentir les stimulations et de s’accorder des temps de déconnexion, notamment sans écran. 

Sortir prendre l’air dans la nature procure un retour au calme intérieur. L’activité physique, même modérée, est synonyme d’oxygénation et ramène l’attention vers le corps. 

Certains outils thérapeutiques sont propices au ralentissement de l’agitation mentale. 

C’est le cas de la sophrologie qui combine des exercices simples de respiration, de visualisation et de relâchement corporel

La méditation en pleine conscience est utile pour apprendre à observer les pensées sans s’y accrocher. Elle favorise le lâcher-prise et est efficace pour stopper le cycle infernal des ruminations

Ces deux méthodes peuvent aisément être pratiquées à la maison ou en cours de journée. 

Cependant, il peut être compliqué d’arriver à faire soi-même la part des choses ou de trouver l’issue d’une situation délicate. Il est alors judicieux de se faire accompagner, car comprendre son propre mode de fonctionnement est une des clés pour sortir de l’épuisement cognitif. 

Un thérapeute peut vous proposer une ou des stratégies issues de thérapies cognitives et comportementales (TCC) pour identifier et solutionner les schémas dysfonctionnels et réduire ainsi leur impact sur la santé mentale

S’apaiser, retrouver de la clarté et de la sérénité est un processus progressif. Prendre conscience que son mental est en surcharge est le premier pas vers la restauration du bien-être psychique et par ricochet, physique et émotionnel. Être doux avec soi-même, c’est aussi prendre soin de son cerveau !